lundi 26 janvier 2026

L'AGENT SECRET de kleber Mendonça

FILM
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      Je viens de voir ce film.                                          Je l'ai trouvé ennuyeux, pesant...inutilement boursouflé.
Le récit se met en place si lentement par le biais de multiples dialogues, rencontres, brèves allusions au passé...Lenteur assumée, semble-t-il.
On peine à saisir le vrai enjeu,les éventuelles menaces qui pèsent sur cet homme qui revient chez lui après tant d'années...pour revoir son fils.
La dernière partie, annoncée par les écoutes de notre époque ( idée originale) est beaucoup plus réussie grâce notamment à cette ellipse allusive/temporelle du passage du père au fils, sans qu'il ait nécessaire de filmer l'assassinat du père.
C'est original.
Film intelligent donc, bourré de références cinématographiques et bien sûr historiques sur la dictature brésilienne,film porté par l'acteur Wagner Moura dont le visage volontairement impassible, la tranquille assurance laissent transpirer une sourde angoisse.
J'ai beaucoup plus aimé le film de Sales qui traitait aussi de la dictature par un autre angle d'approche:celui de la famille 👪 et d'une mère-courage, véritable guerrière.
Voici le lien de ma critique:
Je ne m'explique pas l'engouement pour ce film qui a cartonné aux Golden Globes.

vendredi 23 janvier 2026

LA GRANDE ARCHE de Laurence Cossé

LIVRE

La Grande Arche,c'est l'histoire d'un homme,d'un architecte danois,Johan Otto von Spreckelsen qui remporte en 1983 un concours pour réaliser "la Grande Arche",portique géant situé à la Défense à Paris. Destin tragique de cet architecte artiste qui avait peu d'expérience de la construction,des matériaux... (Comme il est écrit p198:le fossé " entre les dessins de l'architecte et la réalité de la construction...") C'est une série d' obstacles, d'incompréhensions, de refus, d'échecs qui jalonnent son parcours. Il meurt en 1987 d'un cancer foudroyant sans jamais voir l'œuvre terminée 😱. Mitterrand avait été emballé par la simplicité du projet proposé et , à la surprise générale,l'avait retenu parmi les 4 derniers candidats, lui l'architecte inconnu. Il l'a soutenu tout au long de la réalisation, le rencontrant souvent, mais Spreckelsen ne s'est jamais entendu avec les intervenants français : maîtres d'œuvre/entrepreneurs/promoteurs immobiliers/financiers... Discussions interminables sur le choix du marbre,p149,190 les façades de verre,p254, les ascenseurs, l'éventuel jardin suspendu... et chaque fois l'architecte de rentrer au Danemark, déçu, incompris,...jusqu'à ce que se sentant dépassé par son œuvre, il donne sa démission le 31 juillet 1986.Il reviendra encore en octobre de cette année. Le Thriller politico-financier se termine en 1989 avec l'inauguration officielle de l'Arche de la Défense. Extrait p258 d'un intervenant français: "Personne ne cherchait à l'éliminer mais il refusait tout,ou il ne répondait pas.Il fallait qu'on en sorte.On lui a arraché son projet.Du moins c'est comme cela qu'il l'a vécu."😱 Livre passionnant, super bien documenté et riche de nombreux commentaires des intervenants de l'époque, témoins du lent naufrage de Sprechelsen, totalement dépassé par la réalisation de ce qu'il avait imaginé "sur papier"L’écrivaine a dû beaucoup travailler, s'informer,consulter des documents, visionner des films aussi pour écrire ce livre.                        Une réussite.
 

vendredi 9 janvier 2026

CACHE-CACHE de Søren Sveistrup

 

LIVRE

 J'avais beaucoup aimé son précédent polar: "Octobre" et j'ai lu avec le même plaisir "Cache-cache":même ambiance nordique, même sens du suspense, le duo d'enquêteurs efficace...etc
Très bien aussi ce recours à deux affaires qui se font écho.
En effet,des éléments étrangement semblables invitent à  confronter un "cold case" non résolu de 1992 au meurtre sauvage qui vient de se produire... notamment une comptine enfantine qui est la petite musique 🎶 du roman.
Les victimes ont toutes été harcelées,photographiées et intimidées par les mêmes paroles de cette comptine,avant d'être exécutées.
Plusieurs suspects potentiels (un petit ami:Omar p148/ un mari:p396/un prof très branché sur les élèves:p276 ) alimentent l'intérêt...l'enquête patine, puis soudain une réalité effrayante surgit, menant vers l'insoupçonné coupable.

Tout ça sous la Plume du danois Søren Sveistrup,scénariste de la mémorable série THE KILLING de 2014 que j'ai bien sûr récemment regardée.

mercredi 7 janvier 2026

LA MAISON VIDE de Laurent Mauvignier


 LIVRE

Ce roman a eu le Prix GONCOURT 2025
Lecture éprouvante et haletante, car le récit nous tient comme en apnée.
Par moments,l'impression d'avancer dans un sombre tunnel,sous terre, tellement les situations vécues par les personnages de cette famille, grand-mère, mère, fille sont ravageuses.
Du Zola,Puissance 4.
Choix du titre LA MAISON VIDE :tellement approprié.
Nous découvrons des êtres qui n'habitent pas leur vie,ils la rêvent, l'inventent,la traversent comme des fantômes, des êtres enfermés en eux-mêmes sans possibilité de s'échapper.
Vie de femmes abîmées,fracassées,détruites... certains hommes du récit ne sont pas non plus épargnés... les deux guerres 14/18 et 40/45 les ramenant chez eux comme des morts-vivants... ou pas du tout.
 
Construction du récit totalement réussie avec des anticipations (le visage de Marguerite a disparu sur les photos,p20... la plaque de marbre de la commode cassée, p11 et 16), des retours, des liens subtils, notamment p395, quand l'écrivain glisse imperceptiblement de Marie-Ernestine à Marguerite, les deux figures centrales du récit.
Un talent fou d'écriture aussi.
Le Prix GONCOURT, tellement mérité pour ce roman qui est et restera assurément un monument de la littérature.
Une phrase pour exemple:"Sa mère était pour elle une langue étrangère.",p437.
Ou:"Marguerite est une forteresse de silences que personne n'a jamais osé ou voulu ouvrir.",p738.