jeudi 13 mars 2014

12 YEARS a slave de Steve McQueen


FILM

L'esclavage reste un thème délicat à aborder pour  un cinéaste américain.
Récemment, "Django unchained" et "La couleur des sentiments" s'y sont attelés chaque fois avec brio. 
On peut reprocher à Tarentino certaines  scènes  ultraviolentes , mais il y avait un point de vue dans son film et cet humour décalé qu'il distille dans tous ses films.

Ici, flagrante absence de point de vue, vision quelque peu simpliste , trop manichéenne de la question  ( le mauvais blanc qui maltraite le bon noir qui au final, s'en sort !!! )
Manque d'originalité donc . Le film est larmoyant, misérabiliste. 
Il ne nous fait pas avancer dans la perception que nous avons de l'esclavage.

Voici le lien des critiques du film de Tarentino :

http://parlonscinebouquins.blogspot.be/2013/01/django-unchained-de-q-tarentino.html

                                       et du film de Tate Taylor :

http://parlonscinebouquins.blogspot.be/2012/01/la-couleur-des-sentiments-de-tate.html

mardi 11 mars 2014

NEBRASKA d' Alexander PAYNE

FILM

Après plusieurs films très réussis , Alexandre Payne  nous propose  Nebraska.

Dans "About Schmidt" ( 2002 ) , c'était Jack Nicholson qui tenait la vedette dans un rôle de retraité renfrogné qui part à la découverte de la vie . Ensuite " Sideways" ( 2004 ) révélait un immense acteur : Paul Giamatti  et en 2011 , "The descendants "  , un film où George Clooney joue très juste , n'en fait pas des tonnes et évolue avec pertinence au cours de l'histoire.

"Nebraska" est une réussite d'authenticité , de simplicité et  d'esthétique.
C'est vrai ,  c'est sans affectation , sans états d'âme. 
Un voyage improbable réunit un père et son fils . Le père , déjà âgé , croit dur comme fer qu'il a gagné le gros lot et veut aller toucher ce pactole .... à +/-  1.500 km de là.
Le fils l'emmène. La tendresse , une sorte d'amour inconditionnel du fils  illuminent ce film, pourtant "en noir et blanc" ... Un fils attentionné, protecteur, prêt aussi à répondre à toutes les lubies de son père. L'important , pour lui , c'est  de passer du temps avec ce père.

Le film est touchant, épuré. Les plans sont magnifiques. Certaines scènes sont vraiment drôles, car ce père , buté , totalement "barje", décalé est un personnage tragi-comique.
Bruce Dern a remporté le prix d'interprétation masculine à Cannes pour ce rôle.
Le "noir et blanc" convient très bien à l'ensemble: des paysages dépouillés , des villes plus qu'inhabitées , des pancartes " maison à vendre" .....Au final, une Amérique qui semble si vide , si abandonnée.




mardi 4 mars 2014

INCIDENCES de Philippe DJIAN

LIVRE 

Il m'est arrivé plusieurs fois de lire  UN LIVRE   après avoir vu le film.
Ce fut le cas  pour "Un thé au Sahara".  Le magnifique film m' a donné envie de lire le roman inoubliable de Paul Bowles. Cette fois encore, après "L'amour est un crime parfait " (critique sur ce Blog ) , j'ai lu le roman qui l'a inspiré : INCIDENCES.

Sous les apparences lisses d'une histoire banale , celle des aventures amoureuses d'un prof de littérature avec ses étudiantes , se cachent bien des secrets , des blessures d'enfance , une relation trouble entre un frère et sa soeur et .... surtout des allusions plus ou moins explicites à des meurtres.
La fin est "explosive" .... différente du film qui s'en est inspiré.

J'ai apprécié ce roman , dans l'ensemble assez  semblable au film . Je l'ai apprécié pour son écriture,son absence de fioritures... MAIS tous les lecteurs ne partagent pas cet avis . C'est rien de le dire. 
Notamment Pierre Jourde qui se lâche  dans un article publié par Le NouvelObs , le 20/O4/2010.
Voici le début de l'article .... Il donne le ton  de l'ensemble de cette critique corrosive :



"Autant l'avouer : je n'avais jamais lu Djian jusqu'à ce jour. Je ne sais même pas pourquoi.  Aucun préjugé, bien au contraire, l'homme a l'air intéressant, les titres sont plutôt alléchants. Des gens que j'estime (dont Didier Jacob) semblent le tenir pour un grand écrivain. D'autres, que je méprise (Yann Moix), l'attaquent.  Il se réclame de Nabokov et Brautigan. Autant de raisons pour me jeter sur ses livres. Il y a, comme ça, des lacunes injustifiables. Je me promettais de la combler, sans jamais réussir à le faire. Et voici que son dernier livre, Incidences, fait l'unanimité de la critique, tout en figurant parmi les meilleures ventes. En outre, Djian insiste beaucoup sur le style, sur le travail de l'écriture. Exactement ce qu'il me faut, me suis-je dit : un auteur à la fois populaire et exigeant. DansLire, il parle de « musique », d'« oreille », de travail plutôt que d'inspiration, de l'importance de la moindre virgule, de sa « foi absolue en la littérature ». Je partage tout cela. Il n'hésite pas, au passage, à dire qu'il est « un des écrivains français qui écrivent le mieux aujourd'hui ». Bon, pourquoi pas ? Si c'est le cas, il a raison de le revendiquer. Du coup, je me jette sur Incidences.

Donc, Incidences. Et dès les premières pages, il se passe quelque chose qui m'arrive tout de même assez rarement : la moindre phrase m'est tellement pénible, la moindre tournure me heurte à ce point que je n'arrive pas à poursuivre immédiatement, c'est de l'ordre de la souffrance physique, un peu comme quand votre voisin tente d'apprendre le violon, ou qu'une pelle racle du béton. C'est une question de musique, en effet. Je me suis forcé à continuer. J'ai tout lu, mot à mot, dans une sorte d'ahurissement douloureux " ..... etc ....
                         ( souligné par moi ....)

dimanche 2 mars 2014

ALEX , TRAVAIL SOIGNÉ ,CADRES NOIRS ... de Pierre LEMAITRE


LIVRES   POLICIERS

Quel plaisir de découvrir un auteur de  polar , français de surcroît.
Pierre Lemaitre , retenez ce nom et pas seulement , parce qu'il a remporté le PRIX GONCOURT , 2013. pour "Au revoir là-haut".Il est  surtout un formidable écrivain de polars.
Une parfaite  maîtrise de l'intrigue.
Un style simple, efficace ...ET élégant.
Une épaisseur psychologique et familiale de l'enquêteur, Camille Verhoeven.
Il  FAUT  lire la trilogie Verhoeven.!!!

Je reprends à WIKIPEDIA la bibliographie de cet écrivain.                                                            "Série policière Verhœven"                                                                                                                     -  Travail soigné, Editions du Masque, no 2501, 2006  . rééd. Le Livre de poche Thrillers no 31850,              2010   (Prix du premier roman du festival de Cognac, 2006 )
  • Alex, Albin Michel, févr. 2011, 392 p.  ; rééd. Le Livre de poche Thrillers no 32580, 2012.
  • ( Alex a obtenu  le prix du Polar 2012 ( le Livre de poche))
  • Les Grands Moyens, feuilleton numérique comprenant le texte enregistré par l'auteur. SmartNovel, 2011 
  • Sacrifices, Albin Michel, 2012 ; rééd. Le Livre de poche Thrillers, 2014 
  • Rosy et John, Le Livre de Poche Thrillers, 2013, 141 p. Livre hors commerce pour les 60 ans du Livre de poche, rééd. des Grands Moyens.

Autres romans

  • Robe de marié, Calmann-Lévy, coll. « Suspens », 2009  rééd. Le Livre de Poche Thrillers no 31638, 2010 .
  • Cadres noirs, Calmann-Lévy, 2010  ; rééd. Le Livre de poche Thrillers no 32253, 2011 ...."                             ( voir critique de ce livre après les citations )

Quelques citations de ces livres::

    " Le juge est un type d’une trentaine d’années…… Mince, sec, il porte un costume à fines rayures, cierge, avec des prétentions à la séduction parce qu’il a des cheveux très épais et une raie sur le côté des mocassins, des boutons de manchettes en or. Ça en dit long, ces détails- là. On dirait qu’il est né en costume-cravate Vous avez bon vous concentrer, impossible de l’imaginer à poil. Il est raide comme un comme les assureurs qui rêvent de faire de la politique. Il fait futur vieux beau." p 94 



    " Le 1er Janvier 2002, Dieu est descendu sur terre, Il s'est incarné sous la forme du passage à l'euro. Et quand il se déplace en personne. Dieu n'est pas le genre de type à lésiner sur les miracles. Après la multiplication des pains, multiplication du pognon. Par sept. Du jour au lendemain. Dieu est un génial simplificateur. "

    " Les deux hommes se sourirent franchement. C'était la première fois qu'ils se souriaient de cette manière. Et le premier sourire, entre deux hommes, c'est le début de la reconnaissance ou des malheurs."


    " Les relations entre les gens ressemblent souvent à des lignes de chemin de fer.
     Lorsque les voies s'écartent et s'éloignent l'une de l'autre, il faut attendre un aiguillage pour avoir une 
     chance de les voir reprendre un chemin parallèle. Ballanger se sentait mis en question.
     Camille proposa un aiguillage." p 153  = belle métaphore!!!

    Le meurtrier envoie une lettre à l'enquêteur dans " Travail soigné". Voici ce qu'il écrit:
    " Toute la perfection de mon oeuvre est d'avoir écrit par avance, le livre du plus beau crime ...
     après avoir commis les crimes des plus beaux livres ... "
    En effet , le meurtrier s'est inspiré de célèbres romans policiers , tel " Le dahlia noir" ...pour réaliser
    ses crimes ,  copiant au détail près la mise en scène, le choix des victimes , leur âge , préparant tous 
    les accessoires indispensables à une imitation parfaite !!! ...Un vrai fou, quoi.


                                                         
                                                                   
    LIVRE : " CADRES NOIRS "

    Polar  très original sur fond de crise économique et de chômage.

    Un demandeur d'emploi qui pète un cable.
    Une épouse qui n'y comprend rien.
    Un test de candidats qui prend la forme "ludique" ! d'une fausse prise d'otages...mais les dés sont pipés ....et bien sûr, ça tourne au drame ,en passant par la case prison, la vengeance sur les membres de la famille , une demande de rançon ....
    ça finit par l'éclatement du couple et un choc frontal entre 2 autos sur le périph parisien.

    Tout au long de l'histoire , palpitante , le héros, Alain Delambre , cadre de 57 ans apparaît comme totalement incompris : une énigme pour tous ceux qui le cotoient: femme, enfants,patron abusif, maître chanteur...
    En fait, seuls , nous lecteurs , suivons avec passion sa trajectoire et comprenons ses motivations. nous nous attachons à lui et à ses facéties.
    J'ai lu TOUT d'une traite , ou presque .









    lundi 17 février 2014

    LE PASSÉ de A.Farhadi

    FILM

    On ne peut décidément pas me compter parmi les adeptes du cinéaste iranien  A. Farhadi !!!
    Déjà , "Une séparation" m'avait insupportée. Ce film tournait en rond , ne parvenant pas à répondre
    à  LA question " Le héros a-t-il , oui ou non, poussé la femme dans les escaliers"?

    Cette fois, c'est pire.
    Tout est compliqué, tourmenté, embrouillé, torturé, nébuleux .... et surtout  si cérébral, mental.
    Une vraie prise de tête !!!
    On navigue entre mensonges , secrets et révélations , entre colères subites et revirements inexpliqués,entre soupçons et confessions ....
    Le moindre petit mot ou geste mal interprété devient "une affaire d'état".
    Insupportable, la manière dont Céline ( l'actrice, Bérénice Bejo) s'adresse à ses enfants, son ex-mari,à son "futur"(?) mari. C'est si cassant, si abrupt , ça confine à l'invraisemblable.
    D'accord , elle est en pleine crise et le bateau prend l'eau de toutes parts, mais quand même ...
    Jamais une once de tendresse, de douceur , de sensibilité, ...oserais-je dire d'humanité vis-à-vis de ses proches. C'est ahurissant.

    Finalement, une scène sauve la mise , à mes yeux . Elle sonne juste, elle est claire et nette, c'est la dispute entre les 2 jeunes enfants.... C'est tout dire.
    Ah oui, il y a aussi l'ex-mari qui , lui ,  reste calme , bienveillant, pose les bonnes questions et reste assez "zen" au milieu de la tempête.

    Pour terminer , je me dois de dire que Bérénice Bejo a remporté le prix d'interprétation féminine pour ce film  au dernier festival de Cannes ( 2013 ) ....Il y en a donc qui ont apprécié son jeu.


    lundi 10 février 2014

    The broken circle breakdown de Felix Van Groeningen

    FILM

    Un film assez bouleversant , même poignant. Une petite pépite.
    Poétique sans être mièvre .
    Musical sans qu'on soit assommé de sons.
    Dramatique sans être larmoyant.
    Sensuel  sans être écoeurant.

    Le cinéaste flamand  aborde le douloureux thème de la perte d'un enfant et  l'après ...
    Le couple se déchire . Chacun réagit différemment et cette 2ème partie du film est intense.
    Le montage audacieux du film concourt à l'originalité de l'ensemble . Des scènes éprouvantes de l'évolution de la maladie alternent avec des instants de bonheur familial , tout simples et touchants.

    Pas étonnant non plus que ce film soit nommé aux Oscars dans la catégorie " Meilleur film étranger". Il a dû plaire aux Américains à différents niveaux, notamment pour sa musique bluegrass , mais aussi pour la  "charge"  du père contre l'étroitesse d'esprit d'un George Bush , qui au nom de principes moraux et religieux , se refuse à soutenir certaines avancées scientifiques.

    Les Flamands au pays de l'Oncle Sam feraient un tabac?? !!! ... Pas du tout impossible.

    vendredi 7 février 2014

    PRISONERS de Denis VILLENEUVE

    FILM

    Je vais , cette fois, emprunter un chemin facile, caractéristique de certaines critiques sur le net.
    Le mode binaire: J'ai aimé/J'ai pas aimé.

    1)  LE PLUS : - l'ambiance pluvieuse, glauque, désespérément triste, pleine de "flous" du polar.
                           - le jeu subtil de Jake Gyllenhaal, le policier.
                           - la toute dernière séquence ( quand le policier entend un faible sifflement ...)
                             est très réussie.

    2)  LE  MOINS :  - l'intrigue trop cousue de fil blanc.
                                   Évidemment qu'on allait retrouver les petites filles...
                                 - Une enquête policière peu crédible qui , notamment,ne semble pas du tout s'intéresser à                                 la disparition soudaine du premier et principal suspect, relâché faute de preuves ...
                                 - Une scène de suicide  si peu cohérente par rapport au gars, si maladroitement  filmée.

    3) LE PIRE !!! : Le plus insupportable , à mes yeux , est cette violence exacerbée, gratuite dont
                               fait preuve le père  ( joué par Hugh Jackman / cfr photo ) d'une fillette à l'égard 
                               du suspect. La torture raffinée pour faire avouer à ce dernier l'endroit où sont séquestrées                               les fillettes.
                               Le personnage est tellement borné,monolithique,pathologiquement atteint qu'on en                            oublierait presque qu'il est la victime, en tout cas son père!!!
                               D'autant plus que cet homme est censé représenter"l'Américain moyen" qui veut , au                                mépris de la Loi , se faire justice.
                               Les scènes de torture, proches de l'insoutenable , m'ont mise tout à fait mal à l'aise.

    Dommage donc ..... J'avais été tellement touchée par le précédent film de D. Villeneuve:
    "Incendies" ( 2011) . voir critique sur ce Blog.