jeudi 24 octobre 2013

Le cinquième témoin de Michael CONNELLY


LIVRE

Pour situer l'enjeu de ce "thriller judiciaire" de M.Connelly , reprenons le début de l'article du " Figaro" du 13/6/2013 qui y est consacré:

"Michael Connelly a été bien inspiré en créant le personnage de l'avocat Mickey Haller, dont la première aventure, La défense Lincoln , est sortie en 2005. Grâce à cet infatigable travailleur des prétoires de Los Angeles, le maître américain du suspense montre qu'il est  l'un des meilleurs spécialistes du thriller judiciaire. Si Connelly s'est fait connaître avec sa série qui met en scène l'inspecteur de police Harry Bosch, dont le premier roman, Les Égouts de Los Angeles, est paru en 1992, il confirme avec son quatrième livre consacré à Mickey Haller, l'ampleur et le souffle de son œuvre. Sa cohérence également, quand on sait qu'Haller est le demi-frère de l'inspecteur Bosch."

Le procès s'ouvre sur fond de crise des "subprimes".
L'accusée , devenue incapable de rembourser son emprunt immobilier se serait vengée, en assassinant
l'homme responsable de la saisie de sa maison.
Est-elle coupable ou pas?
Pour Mickey Haller , peu lui chaut, car son principal objectif , en tant qu'avocat est de défendre au mieux sa cliente. Ce qu'il va faire d'une façon magistrale, en faisant entrer en scène son cinquième témoin dont il sait pertinemment qu'il invoquera le fameux "5ème amendement" de la Constitution pour éviter de répondre à des questions embarrassantes sur ses liens avec la Mafia  , cela induisant un" doute raisonnable" auprès des jurés.

Un des intérêts de ce roman , à mes yeux , est d'habilement mêler une enquête policière suite à un meurtre 
et la tenue d'un procès à l'américaine!!! Qu'est-ce à dire?
On assiste un peu à un match de pingpong entre l'accusation ( le district attorney ) et la défense avec comme
arbitre , le juge qui entend tour à tour les objections des uns et des autres.
La notion de doute raisonnable se substitue à celle d'intime conviction en Europe.
Il y a une "audience préliminaire" entre les 2 parties et le juge dont le but est de s'assurer que l'accusation 
possède suffisamment de preuves pour aller jusqu'au procès....
Bref , c'est passionnant juridiquement parlant , sans compter que M.Connelly nous réserve quelques " surprises du chef"  à la fin du procès. Toujours cet art de soigner ses fins de romans!!!

 

lundi 30 septembre 2013

Le Majordome ( en anglais : The BUTLER ) de Lee Daniels


FILM

L'ascension de ce majordome,  né au début du 20ème siècle , dans une plantation de coton , qui accédera à un statut rare est l'occasion de revisiter l'Histoire des États-Unis , de Eisenhower à 
Reagan, dans les pages sombres des luttes raciales.
Cette leçon d'histoire n'est pas dénuée d'intérêt , d'autant plus qu'elle s'arrime sur l'antagonisme 
entre un père , le Majordome et son fils. 
L'un a opté pour l'intégration toute servile, "à 2 visages" , l'autre , le fils se bat pour faire reconnaître les droits élémentaires des noirs. Deux conceptions , deux attitudes s'affrontent donc assurant la 
dynamique du film de Lee Daniels.
Le récit est donc touchant, plein de bons sentiments, mais un peu trop lisse, consensuel, bien 
pensant , sans aspérités , ni lame de fond ....
On est quand même très éloigné de l'univers d'un autre cinéaste noir Spike Lee qui lui dérange,
remue , arrache!!!  .... Notamment, dans des films comme Malcolm X   et  Inside Man.

La prestation de Forest Whitaker , saluée par toute la critique est remarquable, tout en retenue 
et impassibilité et la palette d'acteurs et actrices de tous bords est impressionnante .
Mentionnons John Cusak en Nixon , Jane Fonda en Nancy Reagan , sans oublier Oprah Winfrey
qui endosse  avec talent le rôle de l'épouse du Majordome.

mercredi 25 septembre 2013

J'habite la maison de LOUIS SCUTENAIRE de Pascale Toussaint



LIVRE

Le professeur a revêtu le costume d'écrivain ...pour le plus grand plaisir de ses lecteurs !!
Une écriture vive, légère , épurée ... La phrase avance, voltige . On ne s'appesantit pas.
La structure du récit qui se partage en 2 versants est judicieuse , bien équilibrée. Il fourmille
de détails intéressants , parfois pittoresques , toujours inédits sur les surréalistes belges,
le cercle rapproché des Scutenaire.
Et donc une réussite , tant sur le fond que sur la forme.

En plus , le livre est plaisant à tenir en mains, il est bien proportionné. On a tout de suite envie de le feuilleter avant d'entamer sa lecture.
Un regret tout personnel : J'aurais apprécié que le récit donne plus d'espace aux "habitants actuels"
de la Luzerne.


samedi 7 septembre 2013

VOLTE- FACE de Michael CONNELLY

LIVRE

Cette fois   , Michael CONNELLY  parvient à nous passionner en mélangeant  subtilement
intrigue policière  ET procès.                                                                                                                     Un peu comme dans " Le verdict du plomb" ,  TB aussi , ( où  le 5ème juré a été corrompu...),
nous  en apprenons plus sur les arcanes de la justice américaine, son fonctionnement ,
les systèmes de la défense et de l'accusation .
Avec un joli rebondissement final  qui relance l'intérêt du procès !!!  .....

Voici le  "pitch" emprunté au site du  "Livre de poche" :


"Incarcéré depuis vingt-quatre ans pour le meurtre d'une fillette et relâché à la suite d’un test ADN qui semble l’innocenter, Jason Jessup a obtenu la révision de son procès. A la demande du procureur du comté de Los Angeles, Mickey Haller, avocat de la défense, passe pour une fois du côté de l’accusation. A ses côtés, son ex-épouse, Maggie « la féroce », et son demi-frère, Harry Bosch. Le trio doit réunir les preuves et les témoignages susceptibles de confirmer la culpabilité de Jessup et de le renvoyer en prison pour longtemps."


mardi 27 août 2013

Villa avec piscine de H. Koch

LIVRE

" Le Dîner " était déjà une oeuvre grinçante et dérangeante.
Ce 2ème roman d'Herman Koch est une petite bombe, une bombe à retardement qui  diffuse de plus en plus d'éclats et explose dans un final tétanisant.

Le narrateur,  médecin généraliste , après nous avoir sensibilisés à son univers quotidien , nous emmène en vacances avec sa famille , non loin de la " Villa avec piscine " d'un de ses patients , devenu ami intime ...
Un été où tout va basculer pour l'un des siens ...
L'histoire ,  relativement banale et lisse  va s'étoffer de faits humains troublants , de plus en plus troublants ...
Cet écrivain hollandais sait mener un récit avec brio. 

Merci à Madeleine de me l'avoir prêté!!!

INFERNO de Dan Brown


LIVRE

Quand  Dan  Brown  fait du Dan  Brown !!!......
Pourquoi  "Le  Symbole perdu" ( voir critique du  30 Janvier 2010 )  m'avait-il passionnée ?
L'impression d'en apprendre plus sur la Franc  Maçonnerie  , sur ses pratiques ...L'impression de lire intelligent.
Cette fois, l'apport historique reste  assez limité et le Cours d'Histoire de l'Art s'avère superficiel.
On surfe sur  Vasari, Botticelli  et autres trésors artistiques florentins .... On s'enfonce dans les 9 cercles de l'Enfer de Dante , mais tout ça manque de vraies révélations, de surprises.
C'est un peu comme si on feuilletait un guide touristique truffé d'anecdotes cocasses.
La lecture est facile, rapide . La même sensation qu'en sortant d' un fast food : aucun souvenir gustatif !!!

Je prends la liberté de retranscrire un extrait de la critique de Sonia SARFATI , parue dans "La Presse.ca",
le 31 MAI  2013:

"Peut-être parce qu'après quatre fois du même-plat-ou-presque, la surprise n'est plus au rendez-vous et, du coup, les défauts apparaissent plus. Probablement parce que l'intrigue est contemporaine au lieu d'avoir des racines plantées dans la nuit des temps par l'intermédiaire d'une mystérieuse organisation (les Illuminati, l'Opus Dei ou les francs-maçons). Certainement parce que le récit est plus faible que les précédents, avançant à coups de monumentales coïncidences et débouchant sur une conclusion certes dramatique, mais d'une envergure tellement moindre que l'enfer «promis» pendant les 500 pages précédentes que, d'une certaine manière, elle déçoit. D'autant qu'elle s'accompagne de revirements échevelés ayant pour origine l'amnésie de Robert Langdon."

samedi 24 août 2013

Blue Jasmine de Woody Allen

FILM

Le dernier film de Woody Allen m'a enthousiasmée .  Il nous livre une comédie douce amère dont il a le secret. En effet , tous les personnages  du film sont à  la dérive, ce sont des largués , des "pauvres taches" ...C'est à pleurer et pourtant on rit beaucoup.  Quel tour de force!
L'héroïne du film est une femme ruinée , humiliée, en chute libre ( elle a  TOUT  perdu : sa condition sociale, son époux , son argent , sa dignité surtout  .....) et pourtant elle tente de donner le change.
CATE   BLANCHETT  parvient à rendre cette femme pitoyable si attachante , grâce à son jeu subtil.
Elle est tout simplement  superbe. Un OSCAR?
D'ailleurs , tous les personnages , sans exception , assurent une belle prestation. Notamment , la soeur de Jasmine , délirante , naïve et pleine de bonnes intentions .
C'est donc un film très cruel , mais si drôle!!!