dimanche 28 décembre 2025

LIFE OF CHUCK de Mike Flanagan

FILM

Pas évident d'entrer dans ce film 🎥 si particulier et original qui porte la marque de Stephen King.
La construction en 3 parties qui remontent le temps a de quoi désarçonner.
On débute dans un monde de SF où la vie est devenue très compliquée pour enchaîner sur la vie de Chuck, adulte et enfin le retrouver enfant.
Comme beaucoup, j'ai eu du mal à entrer dans la première partie qui s'éclaire par la suite.
C'est un film profond, habité par les thématiques chères à l'univers de Stephen King:
*les prémonitions.
*la pièce interdite ( Shining)
et surtout
*les questions philosophiques ( "Pourquoi me suis-je arrêté là?")
Les scènes de danse sont spectaculaires.Elles n'ont rien à envier à LaLaLand.
Une très belle scène aussi avec l'institutrice qui tient la tête de Chuck entre ses mains et lui dit:elle contient des multitudes.
Et donc un beau film, empli d'humanité 🌹❤



THE MASTERMIND de Kelly Reichardt


 FILM

Titre ironique bien sûr.

 Comme dans ses autres films 🎥, ( en 2022:Showing up),Kelly Reichardt prend le temps d'installer ses personnages dans un décor,dans une ambiance typique.Ici,celle des années 70 et le contexte de la guerre au Vietnam.Elle prend plaisir à filmer longuement,tranquillement, intensément les lieux de vie: la cuisine, le salon, le jardin... et plus tard la sinistre chambre d'hôtel où notre champion du braquage s'est réfugié 😉😄.

Car c'est bien un gars assez banal qui pour mieux s'en sortir, s'en prend au musée de sa ville pour dérober 4 tableaux.Un voleur du dimanche, aidé de 2 bras cassés.3 moments: le casse/le recel ...et la cavale solitaire de notre apprenti-braqueur.
On est loin du film d'ACTION.... la réalisatrice a plutôt opté pour un film contemplatif, relativement monotone qui n'a pas vraiment enthousiasmé le public de Cannes.
L'acteur qui joue le rôle principal, Josh O'Connor est parfait dans sa nonchalance, sa passivité, ses velléités de progrès social.

lundi 15 décembre 2025

SENTIMENTAL VALUE de JOACHIN TRIER


 

 
FILM

Film tellement plein de tristesse 😪 de mal-être...

Je lui reprocherais d'être trop ambitieux.Joachim Trier veut ratisser large, aborder de nombreuses thématiques : une famille 👪 compliquée avec ses dysfonctionnements générationnels, la genèse d'un film qui peine à se réaliser, un cinéaste vieillissant dont la fille refuse le rôle principal... on nage en pleine incommunicabilité, non-stop 🤔😱 entre le père et sa fille,aussi entre les deux sœurs dont la mère s'est suicidée. Ce geste hante tout le film 🎥. 

J'avais tellement aimé OSLO 31 AOÛT centré lui sur un seul personnage.Sa souffrance, son inadéquation réel traversaient tout le film.

Ceci dit, TOUS les acteurs et actrices de Sentimental Value sont exceptionnels,leur prestation tellement juste,prenante.

Une réussite 👏👏👏


NB: parallèle entre cinéma et théâtre ✅👍...1ère scène où elle a un trac énorme 🌹


dimanche 14 décembre 2025

Un simple accident de Jafar Panahi


 

FILM

Pas vraiment convaincue par cette Palme d'Or ⭐🏆 du festival de Cannes 2025.                   Farce tragique. Les questions du récit sont très pertinentes, elles ont trait au difficile pardon, à la vengeance, au recours à la violence pour répondre à la violence...etc                                     Ces questions s'ancrent dans le contexte du pouvoir autoritaire qu'exercent les Mollah iraniens et leur système de répression. Une ancienne victime croit reconnaître son ancien bourreau. C'est le début du film qui va connaître de surprenantes péripéties.Plusieurs personnages ayant subi ce système répressif entrent dans la danse. L'essentiel se passe dans le huis-clos d'un VAN où le suspect est détenu. Si la construction du récit est réussie avec plusieurs situations inattendues,par contre les personnages si verbeux sont peu crédibles,ils s'agitent beaucoup, s'engueulent faute de dialoguer sur leurs divergences. Que faire de cet homme encombrant : le laisser?lui pardonner?Le tuer? Gros dilemme. Ça parle,ça parle sans cesse. Logorrhée qui étouffe la parole et écrase le propos. C'était lassant.

Le Prix du meilleur scénario eut été plus adapté.

dimanche 30 novembre 2025

OKAVANGO et GRINDADRÀP de Caryl Férey


LIVRES

J'ai récemment lu deux romans de CARYL FÉREY: *OKAVANGO                                                           *GRINDADRĀP. 

2 histoires, 2 enquêtes dont l'enjeu est la défense du monde animal. L'enquête menée au Botswana tourne autour du braconnage, du massacre d'animaux sauvages ( rhino/éléphant...).On retrouve un pisteur assassiné dans une réserve et les rangers enquêtent. Plusieurs suspects, plusieurs pistes dont l'une serait liée à une guerre civile précédente... Deux, trois moments sont décrits avec brio: une girafe prise dans un piège/ un rhino blessé/ un lion 🦁 empoisonné par une flèche...c'est palpitant. 

Férey a vraiment l'art de construire une histoire, laissant de côté un aspect pour mieux le développer plus loin...de proposer des personnages attachants, passionnés, terriblement humains...et les animaux sauvages qui sont les héros malgré eux de ce récit, eux qui sont les victimes d'un commerce international juteux. Sans tomber dans une quelconque thèse stérile, l'écrivain signe un vibrant plaidoyer pour la préservation de ces espèces sauvages. Il ne fait pas moins dans le récent ( 2025) GRINDADRĀP qui nous transporte dans un monde marin où les chasses aux cétacés font partie de coutumes anciennes. (On songe bien sûr à Paul Watson dont l'ONG se bat pour la protection des baleines 🐳 ) Par une soirée de tempête, un bateau d'écologistes tente de s'en prendre à un navire-usine norvégien de baleiniers...tout tourne vite à la catastrophe, sans compter qu'on retrouve le corps marqué de plaies suspectes d'un important chef du Grind*...l'enquête est menée par un policier danois, Soren Barentsen...

On ressent à travers ces récits la sensibilité de l'écrivain au monde animal,à sa souffrance souvent infligée par les hommes.Il expliquait très bien le choix d'exprimer cela à travers des polars dans une émission de La Grande Librairie dont voici le lien:

https://www.youtube.com/watch?v=YS0FM7MT0wA

* Le « GRIND » est le nom donné pour nommer ce type de chasse aux cétacés, il peut avoir lieu à tout moment dans l'une des 26 baies d'abattage désignées autour des îles Féroé.

 

 

 

dimanche 23 novembre 2025

Les guerriers de l'hiver de Olivier Norek

LIVRE

Au centre de cette guerre d'hiver qui a opposé Russie et Finlande,fin 1939, l'écrivain voulait mettre à l'honneur Simo, un soldat,un sniper devenu un héros national, une légende dans son pays.Son surnom:la Mort Blanche. Sa modestie équivalait à sa maîtrise du tir. Simo apprend au fur et à mesure l'ART du SNIPER : *rester immobile des heures durant, contrôler sa respiration,tasser une boule de neige dans la bouche pour ne pas être trahi par son souffle,ne pas ajouter de lunette à son fusil pour ne pas réverbérer..."p161.                                                                                   * tasser la neige devant lui.p236. 

Les premiers chapitres ( +/- 100 pages)plantent le décor, cad les différents fronts finlandais qui vont vaillamment résister 3 mois à une armée russe, bien plus conséquente, mais mal organisée. Résistance qui revêt souvent des allures héroïques.Le bilan de Simo:"Il a tué 542 soldats en 98 jours"😮🎖,p435. On suit surtout les déplacements, les attaques de la 6ème compagnie, celle des camarades de combat de Simo. Un style précis facilite la lecture de ce long récit, de ces affrontements terribles entre Finlandais et Soviétiques.Un exemple de ce style:p180:"l'envoyé de la Stavka avait un physique qui correspondait parfaitement à l'antipathie qu'il dégageait."✅👍
 

samedi 22 novembre 2025

NUREMBERG de James Vanderbilt

 

FILM

Dans le film NUREMBERG ,l'angle d'approche est le lien créé entre Goering et un jeune psychiatre américain. Et donc on suit l'évolution de cette relation privilégiée, sorte d'apprivoisement progressif des deux hommes. Le psy rencontre la femme et la fille du chef nazi. Pas évident pour l'acteur RUSSELL CROWE*** d'interpréter un personnage aussi complexe, ambivalent que Goering.Il y réussit. Il le joue très décontracté: humour et auto-dérision...un air goguenard, suffisant. Le vrai Goering , d'après les archives était nettement moins jovial/ sympathique... A la fin du procès, il perd clairement de sa superbe.