lundi 27 janvier 2020

BROOKLYN AFFAIRS de et ... avec Edward Norton

FILM***

Excellent polar sur le thème de la corruption dans les années 50.
Le film est attachant,la mise en scène d'Edward Norton est intelligente.

L'histoire qui aurait pu être banale est menée avec subtilité et tient le spectateur en haleine grâce à son lot de révélations et surprises.
Lionel,le héros ou plutôt l'anti-héros du film va-t-il démêler les fils d'une affaire complexe où se croisent habitants des quartiers populaires,politiciens véreux,promoteurs peu scrupuleux  et joueurs de jazz? Va-t-il venger son patron,son mentor et protecteur sans lui-même se perdre?
On l'apprend après 2heures30 qui passent sans ennui.
Il faut dire que Lionel,c'est Edward Norton himself.


L'acteur-réalisateur entre dans ce rôle comme dans ses pantoufles.
Belle prestation aussi d'Alec Baldwin en corrupteur cynique.

Un FILM à voir donc.

mercredi 15 janvier 2020

Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma

FILM

Que dire?
Ceux qui ont un tempérament contemplatif,qui sont sensibles au travail de création artistique apprécieront le film pour ses indéniables qualités esthétiques,notamment.
En effet,la mise en scène,sobre,épurée est au service d'une histoire sans apprêts.
Grande économie de dialogues.
Chaque plan est en soi un petit tableau et confère à l'ensemble une forte impression de beauté,de plénitude.
La relation d'amour naissante entre une peintre et son modèle se précise au cours des innombrables scènes de pose,tableau oblige!!!
C'est là que l'ennui guette,car les éternels jeux de regards deviennent lassants et perdent précisément de leur intensité à force d'être mis sans cesse en évidence.
Et ce ne sont pas les gros plans sur les beaux visages féminins qui sauvent la mise.
C'est insistant et ça en devient très artificiel.
La référence explicite au mythe d'Orphée et Eurydice destinée à accompagner,soutenir  cette histoire d'amour m'est apparue peu pertinente.
Ne servait-elle pas surtout à donner une sorte de légitimité culturelle à cette passion?
Bref,pour ma part, c'est surtout de l'ennui que j'ai éprouvé plutôt que le charme suscité par une oeuvre d'art.

Concernant le jeu des actrices,j'ai surtout apprécié l'interprétation de  Noémie Merlant qui est la peintre.

Son visage crève l'écran,la douceur de ses expressions est prenante.
Par contre,le jeu d'Adèle Haenel m'est apparu peu subtil,parfois lourd et peu convaincant.

L’image contient peut-être : texte possible qui dit  ’Jean-Pau Dubois Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon PRIX GONCOURT 2019 Editions de rolwler’ 
LIVRE 

Assez déçue par le roman de J.P.Dubois dont j'ai tellement apprécié
 "Une vie française" en 2004.
Cette fois,l'histoire d'un homme incarcéré dans une prison de Montréal dont on ignore au début pour quelles raisons,ne présente pas de réel intérêt,malgré un incontestable talent d'écriture.
On ne parvient que difficilement à s'identifier à ce narrateur qui nous détaille les affres de la vie carcérale:promiscuité non voulue,fadeur des repas,perte des repères...
On reste à distance et ce n'est pas l'alternance de moments temporels : la vie d'avant et la vie en prison qui sauve la mise.
Alternance trop artificielle et à force lassante, excepté quelques passages savoureux sur le codétenu.
Tout ça est lisse,très lisse,assez fade et peu captivant
J'étais contente de refermer le livre !!!

mardi 7 janvier 2020

Seules les bêtes de DOMINIK MOLL

FILM***

Film inquiétant,surprenant,parfois dérangeant,très imprévisible qui démarre sur un fait divers:la disparition d'une femme dans la rudesse d'un paysage d'hiver.
Adapté d'un roman éponyme,le film est construit comme un puzzle qui se constitue au rythme de diverses histoires et au gré des points de vue des différents personnages qui ont tous un secret.
Secret au début ignoré des autres personnages et du spectateur qui découvre au fur et à mesure l'ampleur de ce qui était caché. 
Cette vision partielle du début se complète donc dans une narration parfaitement maîtrisée:les pièces du puzzle s'assemblent,les actions des différents protagonistes ont des effets immédiats et directs sur les autres,il ne reste plus qu'à jeter un regard d'ensemble sur ce qui semblait parcellaire et isolé.
Le fameux effet papillon qui ici se propage depuis les Causses enneigées jusqu' à la chaude capitale de la Côte d'Ivoire.Un des tournants du film qui relance la mécanique cinématographique.
Au final,la vérité et plus encore les vérités individuelles avec leur cortège de désirs,frustrations,tromperies inavouées et inavouables...se révèle.
Avec une dernière séquence qu'on découvre en se disant:Ah bon...quand même!!!
Quelques thèmes émergent de ce film à tiroirs: la solitude,voire la misère affective du monde rural,les arnaques des réseaux sociaux,la difficile réalisation des désirs de l'être humain,de sa quête de bonheur.

Pour rappel,Dominik Moll nous avait ravis en 2000 avec "Harry,un ami qui vous veut du bien."

                                  


 
 

dimanche 5 janvier 2020

VÍK de Ragnar JÓNASSON

LIVRE

Petit polar islandais*** très réussi.
L'affaire est finement menée par l'inspecteur Ari Thor que l'on a suivi dans ses précédentes enquêtes*(voir ci-après) sur fond de secrets de famille et de morts suspectes...
La première,la veille de Noël....ensuite à la page132,deuxième mort (assassinat ...ou mort naturelle?).
Jusqu'au bout,la liste des suspects,membres de la famille ou pas...reste entière pour le plus grand plaisir du lecteur.

Livres précédents:Mörk/Nàtt/Sótt....dans cette même ambiance du Nord de l'Islande à Siglufjördur 


 

                       
 

jeudi 19 décembre 2019

La Cordillera de Los Suenos de Patricio Guzmán

FILM***

"Oeil d'Or" du festival de Cannes 2019.
Meilleur film documentaire.
L'Oeil d'or est au documentaire ce que la Palme d'Or est au film de fiction.
Très beau film/documentaire à la fois poétique et politique...
Images sublimes de la Cordillère des Andes et en même temps, extraits d'images de l'époque de la dictature de Pinochet,1973: répression sauvage, attestations arbitraires etc ...
Comme un chant mélancolique ...et assez désespéré d'un chilien,Patricio Guzmán,
pour son pays.
Le CHILI qui est si meurtri, dépossédé de ses biens,victime d'un libéralisme outrancier.
Voici le trailer où l'on entend cette voix qui s'exprime dans cette belle langue espagnole:


http://www.allocine.fr/…/player_gen_cmedia=19585442&cfilm=2…





mercredi 4 décembre 2019

THE IRISHMAN de Martin SCORSESE

FILM

Martin Scorsese s'est offert le luxe d'étirer son propos sur 3h39,temps de la confession d'un des témoins/acteurs de la mafia italienne aux USA.
C'est la voix off de Franck Sheeran/De Niro qui nous raconte cet univers de violences,de pactes,de trahisons...et aussi de meurtres indissociables du milieu.
Et le spectateur assiste,sans ennui,à cet enchaînement d'intrigues...
C'est toute une vie qui passe sous nos yeux jusqu'à l'extrême vieillesse où le héros en maison de retraite semble n'éprouver aucun regret.
La figure impassible,taciturne, inquiète aussi de l'acteur est à elle seule un must.
Quel acteur!!! 🎉... qui garde toute sa puissance d'expression 👏... sans éclipser le jeu d'Al  Pacino et ...surtout celui de Joe Pesci,ancien comparse des films de Martin Scorsese.
Film crépusculaire, sûrement,vu le
souffle mélancolique de cette oeuvre, de ce temps qui passe et dont il ne reste rien sinon des souvenirs. 
Mais aussi film qui étonne par sa vigueur et sa mise en scène impeccable.
Un bémol quand même,certains dialogues s'éternisent inutilement...entre celui qui veut à tout prix avoir raison, pendant que l'autre ne veut rien entendre 😂.


C'est comme une apothéose de tous les films de gangsters que le réalisateur a tournés. 
Il en rêvait depuis des années et après avoir essuyé les refus des producteurs d'Hollywood (pendant 9 années),il présenta son projet à Netflix qui accepta de financer le film: 169 millions de dollars!!!  
On peut saluer la persévérance,la ténacité de ce réalisateur qui nous enchante depuis longtemps.